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Jean-Christophe Renault

Quand il fait l’éloge des graves, Jean-Christophe a le verbe aigu, quand il chante Yeats, il célèbre Satie, quand il appuie l’accord avide, il nargue la pesanteur, quand on le croit perdu dans les bois, il est à la clairière et valse hors-piste, quand il semble indiquer le sol, il monte sans souci, au la facile, au fa bémol, et puis à l’or, à l’ut, à la note qui n’a pas de nom mais qui a des racines et qui enchante et qui déchante, qui charrie nonchalamment les faiseurs de notes achalandées. Faut dire qu’il est ailleurs. Il est dans le métal et la fougère, dans les courbes gitanes et les cigares Gadjo. Et la petite ritournelle ricane, elle se dore au comptoir des sans logis, elle s’endort à la grange ardennaise, se réveille au fond d’une ruelle Lisboète où l’on entend les bruits de cailloux et puis les cris de gamins mal élevés. Et puis le vent. La musique de Jean-Christophe est un oxymore, une caresse sur les illusions perdues, un sentiment qu’on cueille après maints détours, une onde qui rebondit et rebondit encore dans les étangs, les marres et puis les océans, là où rien n’est figé, où les poissons narguent le pêcheur. Jean-Christophe Renault, c’est une berline des chants, c’est l’ours qui se cache poliment derrière son rocher d’abeille et qui dit, à qui veut l’entendre, « merde aux perruquiers ».

 

Et puis on y retourne à ce rendez-vous sans heures, avec une lenteur gastronomique, on se prend au jeu, on s’offre, en hors d’œuvre, un petit moment décontracté. Car Jean-Christophe file des bons cachés pour apprendre à mieux jouer, il joue – ah c’est tellement bon de jouer – il joue des morceaux libres et gravement atteints d’acuité. Car chez cet enfant de gabelle, la joie est une mélancolie et la noirceur une cantate, une encre qui sonne, comme un poème de Emily Dickinson. Et j’entends encore les chaises alanguies après le concert se murmurer des phrases de silence.

 

eRno le Mentholé, juin 2011

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